Yaoundé, Cameroun – 7 août 2025
Alors que le Conseil constitutionnel a confirmé le rejet définitif de la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, les réactions continuent de se multiplier. Parmi les voix les plus critiques, celle de Félix Agbor Balla, président du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique, s’est démarquée ce jeudi par un message fort adressé à l’opinion nationale et internationale.
« Une décision politique, pas seulement juridique »
Dans une déclaration rendue publique, Félix Agbor Balla qualifie la décision d’« injuste » et d’« alarmante » pour l’avenir du processus démocratique au Cameroun. Selon lui, l’exclusion du professeur Kamto dépasse le cadre d’une simple procédure électorale.
« La décision du Conseil constitutionnel d’éliminer le professeur Maurice Kamto n’est pas une simple décision juridique, c’est une profonde injustice. Elle envoie un message très dangereux : des voix crédibles peuvent être réduites au silence non pas par le processus électoral, mais par des institutions de plus en plus perçues comme compromises », a-t-il déclaré.
Le juriste camerounais, connu pour son engagement en faveur des droits humains et de la justice transitionnelle, estime que cette décision remet en cause la crédibilité de l’élection présidentielle et affaiblit la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques.
Un appel à la résistance pacifique
Tout en fustigeant le traitement réservé à l’ancien candidat du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Agbor Balla n’en appelle pas à la confrontation, mais à une réponse coordonnée, pacifique et résolue :
« Cette décision menace d’éroder la confiance du public dans nos processus démocratiques et compromet la légitimité de l’élection présidentielle de 2025. Face à l’injustice, nous devons répondre non par la violence ou le désespoir, mais par la résistance pacifique, la discipline civique et l’unité. »
Il exhorte les leaders politiques, les organisations de la société civile et les citoyens à s’unir pour exiger un climat électoral juste et équitable.
« Notre réponse doit être fondée sur la non-violence, la solidarité et l’organisation stratégique. Que l’histoire se souvienne que face à l’injustice, nous privilégions la paix à la provocation, l’unité à l’ego et la résistance à la résignation. »
Un contexte électoral sous tension
Le rejet de la candidature de Maurice Kamto, investi par le MANIDEM après sa démission du MRC, continue de susciter une vive polémique. Malgré un recours introduit devant le Conseil constitutionnel, ce dernier a confirmé l’invalidité du dossier, évoquant une « pluralité d’investiture ».
Le MRC a pris acte de la décision et annoncé le remboursement des contributions récoltées lors de la levée de fonds organisée pour soutenir la candidature de Kamto.
Avec une élection prévue dans deux mois, et 12 candidats officiellement retenus, l’exclusion de l’une des figures majeures de l’opposition laisse craindre un scrutin contesté dès l’ouverture des campagnes.
Rédaction VP237















