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Jean-Pierre Bekolo : « Paul Biya et tout son entourage me font honte en tant qu’Africain, en tant que Noir »

Par la Rédaction VP237

Dans une tribune fulminante, le cinéaste camerounais Jean-Pierre Bekolo s’en prend violemment à l’entourage du président Paul Biya, accusé de saboter l’avenir du pays et de trahir les aspirations de son peuple.

C’est une sortie qui ne laisse personne indifférent. Jean-Pierre Bekolo, réalisateur de renom et intellectuel engagé, a publié un long texte dénonçant sans retenue les élites au pouvoir au Cameroun. Dans un cri du cœur empreint de colère, il fustige ce qu’il qualifie de « gâchis collectif », pointant du doigt ministres, directeurs généraux, hauts fonctionnaires et même chefs traditionnels.

« Vous nous faites honte. Vous faites honte à vos enfants, à vos familles, à l’Afrique entière », écrit-il avec une rare intensité émotionnelle.

Une dénonciation cinglante du système

Dans son réquisitoire, Jean-Pierre Bekolo accuse les responsables politiques d’avoir brisé l’espoir de toute une génération :

« Ce dont le monde se moque, ce n’est pas que nous avons le plus vieux président du monde, c’est votre capacité à faire échouer un pays rempli de gens talentueux. »

Il décrit un système politique fermé, où la critique est étouffée, et où la peur a remplacé le débat. Bekolo dénonce également l’héritage colonial mal digéré, instrumentalisé par les élites locales pour maintenir le peuple dans l’ignorance et la pauvreté.

Une charge morale et politique

Ce n’est pas seulement un appel politique que lance Bekolo, mais aussi un jugement moral sévère. Il affirme que l’indignité est devenue la norme au sein du pouvoir :

« Vous êtes devenus ces gens qui promettent le pire à ceux qui veulent le meilleur. Vous interdisez à vos propres frères et sœurs de demander l’eau, les routes, les hôpitaux. »

Il va jusqu’à affirmer que, dans l’Afrique précoloniale, de tels comportements auraient conduit à l’exclusion sociale voire à l’élimination des fautifs.

Une honte nationale et mondiale

L’indignation du cinéaste ne s’arrête pas aux frontières du pays. Il évoque la honte internationale qu’inspirent, selon lui, les agissements du pouvoir :

« Le monde entier vous voit et le monde entier se moque de vous. »

Pour Bekolo, la véritable « ingérence » étrangère n’est pas celle que dénoncent les autorités, mais bien la honte universelle provoquée par l’inaction d’un pouvoir incapable de garantir le minimum vital à ses citoyens.

Un appel à la conscience

À travers ce texte, Jean-Pierre Bekolo ne propose pas seulement une critique. Il tente de réveiller la conscience d’une élite figée, d’un peuple fatigué, et d’une jeunesse en exil.

« Vous êtes une anomalie coloniale. Et le monde entier vous le dit. »

Ce cri, il le lance au nom de l’avenir, pour qu’enfin quelqu’un dans ce système ait le courage de dire : « Ça nous dépasse. Il faut que quelqu’un d’autre essaie. »

Analyse VP237 :
Dans un contexte de crispation politique grandissante, et à moins de trois mois de la présidentielle prévue en octobre 2025, les voix dissidentes comme celle de Bekolo gagnent en audience. Ce texte risque de résonner longtemps dans l’opinion publique et parmi les jeunes Camerounais de plus en plus désillusionnés par le statu quo.

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