Yaoundé, 5 juillet 2025 – Rédaction VP237
Alors que les regards sont tournés vers le Grand Nord du Cameroun à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre, le cinéaste et intellectuel Jean-Pierre Bekolo tire la sonnette d’alarme sur la nature des tractations politiques en cours dans cette région stratégique. Dans une publication remarquée, il dénonce une dérive du système électoral qu’il qualifie de « féodalisation du vote », où les citoyens seraient réduits à de simples « bétails électoraux ».
Vote ou transaction politique ?
Selon Jean-Pierre Bekolo, les manœuvres actuelles autour des figures politiques du Nord — comme Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary, désormais en rupture avec le pouvoir — soulignent un problème structurel profond : celui d’un vote vidé de sa substance citoyenne.
« Le vote devrait être un acte libre, éclairé, fondé sur des convictions personnelles et des projets de société. Ce n’est pas ce que nous observons aujourd’hui », déplore-t-il.
Des arrangements d’arrière-salle au détriment du peuple
Pour le cinéaste, le danger réside dans la manière dont le vote est négocié entre élites : chefs traditionnels, notables ou figures politiques, souvent sans consultation des populations concernées.
« On parle au nom des gens, on décide à leur place, dans une logique tribale ou clanique, à mille lieues d’un débat démocratique fondé sur l’égalité des voix et l’autonomie citoyenne. »
Cette critique vise aussi bien les consultations en cours au palais présidentiel par le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh, que les multiples rencontres d’opposants dans le Nord, vues par Bekolo comme la confirmation d’un système électoral corrompu par des calculs ethno-politiques.
Une démocratie dévoyée ?
L’analyse du cinéaste est sans appel : au lieu d’une démocratie participative où chaque électeur compte, le Cameroun sombrerait dans une forme de monarchie déguisée, où le pouvoir s’échange entre élites via des pactes silencieux.
« Le Camerounais devient un pion sur un échiquier, un chiffre dans un deal, et non un citoyen porteur de souveraineté », conclut-il.
















