Yaoundé, 8 juillet 2025 – Rédaction VP237
À trois mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le débat sur la succession du président Paul Biya s’intensifie. Cette fois, ce sont 32 personnalités issues des milieux intellectuels, juridiques, médicaux et journalistiques qui lancent un appel solennel au chef de l’État : ne pas se présenter pour un huitième mandat.
Une lettre ouverte qui interpelle
Publié ce 7 juillet à Yaoundé, le collectif CIPA-CAM (Collectif d’Intellectuels Patriotes Camerounais) demande au président Biya de choisir « la grandeur de l’Histoire » plutôt que la prolongation du pouvoir.
« Monsieur le Président, en renonçant à octobre 2025, vous n’allez pas abdiquer le pouvoir, vous allez l’accomplir dans sa transcendance ultime », écrivent les signataires.
Le choix entre la continuité et la postérité
La lettre ne se limite pas à une critique du bilan du régime ; elle propose un choix historique :
- Soit une nouvelle candidature, au risque de fractures sociales et d’isolement historique,
- Soit une retraite volontaire, perçue comme un geste fondateur de réconciliation nationale.
« Ce geste va graver votre nom parmi les bâtisseurs de paix », martèle le document, rappelant la phrase prononcée par Paul Biya lui-même à l’Assemblée nationale en 1987 :
« La retraite ne saurait constituer une sanction ; elle couronne au contraire le parcours accompli. »
Un constat sévère, un espoir lucide
Le texte dresse un tableau sans concession de l’état du pays :
- Échec de l’Opération Épervier réduite à une traque politique sélective
- Infrastructures vitales en ruine
- Oligarchie inamovible
- Conflit anglophone sanglant (plus de 6 000 morts, 80 % des écoles fermées)
- 30 % de chĂ´mage chez les jeunes
- 142e rang à l’indice mondial de corruption
Mais les auteurs affirment que l’espoir subsiste, porté par une jeunesse brillante et des ressources inexploitées.
Un collectif de voix plurielles
Le CIPA-CAM regroupe des figures reconnues telles que :
- Alice Nkom (avocate)
- Jean-Pierre Bekolo (cinéaste)
- Baba Wame et Stéphane Akoa (journalistes et enseignants)
- Éric Chinje (journaliste – société civile)
- Michèle Ndocki (avocate)
- Emmanuel Simh, Haman Mana, Hamidou Hamasseo, André Firissou Kakou, etc.
Tous appellent à une transition pacifique, ordonnée, et historique, sous l’égide de Paul Biya lui-même.
Une invitation au dépassement de soi
À travers ce plaidoyer, ces intellectuels tracent un horizon de grandeur nationale, incitant le président à se hisser au-dessus des querelles de succession, et à devenir le parrain d’une nouvelle ère politique.
« L’œil de l’Histoire est braqué sur vous. Votre peuple retient son souffle », concluent-ils.

















